11 SEPTEMBRE 2026

Qu’est-ce que la thérapie MOSAIC ?

La thérapie MOSAIC

Illustration de la thérapie MOSAIC : une femme apaisée, yeux fermés, entourée de stimulations bilatérales alternées

MOSAIC signifie Mouvements Oculaires et Stimulations Alternées pour l’Intégration Cérébrale.

Cette approche thérapeutique relativement récente a été co-créée en 2019 par Stéphanie Khalfa, psychologue, docteure en neurosciences et chercheuse au CNRS, et Guillaume Poupard, psychologue et psychothérapeute.

Les travaux de Stéphanie Khalfa portent notamment sur les mécanismes cérébraux du stress, des émotions et du psychotraumatisme. Elle s’est également intéressée à l’EMDR et aux stimulations bilatérales alternées.

MOSAIC est née avec une question simple : peut-on aider une personne à transformer ce qui la fait souffrir sans lui demander de se replonger longuement dans son traumatisme ?

Une thérapie orientée vers la solution

L’une des particularités de MOSAIC est de ne pas centrer le travail uniquement sur le problème, son origine ou le souvenir douloureux.

Le thérapeute va plutôt chercher avec la personne ce qu’elle aimerait pouvoir ressentir de plus juste, à la place.

Le mot « juste » est important. Il ne signifie pas forcément « plus agréable ». Une émotion peut être inconfortable et pourtant adaptée à la situation. L’objectif est plutôt de rechercher une réponse intérieure plus ajustée à ce qui est réellement vécu : moins envahissante, moins automatique ou moins disproportionnée, sans nier la difficulté de la situation.

Ainsi, face à une séparation, il ne s’agit pas nécessairement de ne plus ressentir aucune tristesse. Il peut s’agir de pouvoir ressentir cette tristesse sans être submergé par la peur de s’effondrer. Face à une situation nouvelle, le but n’est pas forcément de supprimer toute appréhension, mais de pouvoir conserver suffisamment de sécurité et de confiance pour avancer.

« Qu’aimeriez-vous pouvoir ressentir de plus juste, à la place ? »

Cette sensation plus juste peut être, selon la personne et la situation, davantage de sécurité, de solidité, de liberté, de sérénité, de confiance, ou simplement une émotion d’une intensité plus adaptée.

En MOSAIC, cette sensation recherchée n’est pas simplement une pensée positive que l’on essaierait de se répéter. Le travail consiste à aider la personne à en faire réellement l’expérience dans son corps.

Quel est le rôle des stimulations bilatérales alternées ?

Comme en EMDR, MOSAIC utilise des stimulations bilatérales alternées : mouvements oculaires, sons alternés ou stimulations tactiles droite-gauche.

Le modèle proposé par MOSAIC est que ces stimulations, associées à l’expérience corporelle d’une sensation plus juste, permettent de renforcer de nouvelles associations et les réseaux liés aux solutions.

Autrement dit, une situation qui était jusque-là très fortement associée à l’angoisse peut progressivement devenir compatible avec une autre expérience intérieure.

Avant : être seul → danger → angoisse → boule au ventre

Le travail thérapeutique cherche à rendre possible une autre association : être seul → davantage de sécurité → calme → « je peux faire face »

Il ne s’agit pas d’effacer un souvenir ou de nier ce qui s’est passé. Il s’agit plutôt d’aider le cerveau et le corps à ne plus répondre automatiquement de la même manière.

MOSAIC et EMDR : quelles différences ?

MOSAIC utilise notamment les stimulations bilatérales alternées que l’on retrouve en EMDR, mais les deux approches ne sont pas identiques.

En EMDR, le travail thérapeutique peut demander de revenir sur le souvenir traumatique afin de permettre son retraitement. MOSAIC cherche davantage à travailler à partir de la solution et de la sensation désirée, ou plus exactement de la sensation « plus juste », en limitant autant que possible la réexposition émotionnelle au souvenir douloureux.

C’est notamment pour cette raison que certaines personnes peuvent vivre cette approche comme plus douce.

Et si je ne parviens pas à identifier mes pensées ?

Certaines personnes savent très bien dire ce qu’elles pensent lorsqu’elles sont anxieuses : « je vais échouer », « on va m’abandonner », « quelque chose de grave va arriver ».

Pour d’autres, c’est beaucoup plus difficile. Elles ne savent pas forcément expliquer ce qui traverse leur esprit, mais elles savent très bien dire : « j’ai un nœud dans le ventre », « j’ai la gorge serrée », ou « je sens que tout mon corps se met en alerte ».

Dans ces situations, le corps peut devenir une porte d’entrée particulièrement intéressante dans le travail thérapeutique.

C’est aussi ce qui m’intéresse dans une pratique intégrative : ne pas essayer de faire entrer chaque personne de force dans une technique, mais chercher avec elle le chemin qui lui est le plus accessible.

Pour certaines personnes, ce seront les pensées et les outils de la TCC. Pour d’autres, les émotions, les sensations corporelles ou les stimulations bilatérales offriront une voie plus directe.

Une approche encore récente

MOSAIC est une méthode récente et les recherches qui l’évaluent sont encore en développement.

Elle ne dispose pas aujourd’hui du même recul scientifique que des approches plus anciennes et largement étudiées comme les thérapies cognitives et comportementales ou l’EMDR. Il me paraît important de le préciser.

Pour autant, elle propose une manière originale de travailler, fondée sur les sensations corporelles, les ressources de la personne et la recherche d’une expérience émotionnelle différente et plus juste.

C’est dans cet esprit que je peux être amenée à utiliser certains outils issus de MOSAIC dans ma pratique clinique : comme l’un des outils possibles d’une approche psychothérapeutique intégrative, adaptée à chaque personne et à ce qu’elle peut mobiliser à un moment donné.

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